Une aide à domicile d’une centenaire se faisait payer 11000 € par mois.

aide à domicile

Aide à domicile, la justice à pris le relay à Quimper dans le Finistère, à 42 ans, une femme était jugée à cause d’un salaire largement surévalué.

Une femme de 42 ans, mère de deux enfants, trouve, en 2014, un emploi d’aide à domicile auprès d’une dame de 98 ans aux jardins d’Arcadie, à Quimper.

Le courant passe très bien avec cette dame et sa petite-nièce, qui la reçoivent pour son entretien d’embauche. La nonagénaire est veuve et a fait un AVC en 2014. De retour de l’hôpital, diminuée physiquement, elle est infirme, totalement dépendante, et a besoin d’une aide. Un contrat de travail est établi en octobre 2014, prévoyant 14 heures d’aide par semaine pour 10 € nets par heure.

centenaire

Jusqu’à 11 000 € par mois

Mais le contrat évolue bien vite. 32 h 30, puis en août 2016, 49 heures par semaine, 7 jours sur 7, outre les heures supplémentaires. Le coût passe lui aussi à 13 € puis à 17 € et enfin à 20 € nets par heure. Les salaires perçus à ce titre vont suivre en conséquence : de 2 000 € par mois en juin 2015, ils passent à 7 000 € par mois fin 2015 puis 11 000 € par mois l’été 2016, avec des horaires mensuels déclarés allant jusqu’à 420 heures par mois. Au total 157 778 € sur cette période de 18 mois.

métier

À l’audience, la présidente, Amélie Kamenoff, l’interpelle : « Vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup ? » Elle s’explique : « L’état de santé de la tante se dégradait, et elle avait besoin de moi. Je leur ai dit que ça faisait beaucoup mais elles voulaient absolument. » Dans le même temps, elle travaille pour d’autres employeurs, dans le même établissement. La présidente met bout à bout tous ces emplois afin d’établir que, pour un même horaire réel, elle se faisait payer par plusieurs personnes à la fois. Elle avait, de surcroît, d’autres employeurs extérieurs à l’établissement. Dans le même temps, elle reçoit aussi environ 1 000 € par mois en chèque, directement de la victime. Elle se retrouve par ailleurs bénéficiaire d’une assurance-vie de sa bienfaitrice, à hauteur de 16 000 €.

La petite-nièce, retraitée, appelée à témoigner, explique que sa grande tante donnait de l’argent à qui elle voulait. Il lui était difficile de s’opposer à ses décisions. La présumée victime parlait de son aide à domicile comme d’un dieu. Avait-elle conscience de l’importance des sommes qu’elle lui donnait ?

11000 €

Deux appartements et une BMW

Comme le soulignera la présidente : « Elle-même gagnait annuellement le salaire mensuel qu’elle donnait à son aide à domicile. » La victime fera l’objet de tests qui montreront des troubles de compréhension. Elle a désormais 102 ans, et est sous tutelle.

La prévenue, au cours de ces années 2015-2016, s’achète deux appartements, et une BMW de plus de 50 000 €. Pourtant, dans le même temps, elle se plaint de sa situation financière auprès d’une voisine qui, généreusement, lui apporte une légère aide financière. À l’audience, quand les témoignages la gênent, elle nie. La prévenue continue aujourd’hui à travailler pour la présumée victime.

L’Udaf, représentée par Me Néan Lescop, se constitue partie civile et demande 180 764 € en réparation du préjudice matériel, et 10 000 € en réparation du préjudice moral outre 2 000 €.

justice

La procureure se dit consternée par l’attitude de la prévenue, qui ne semble pas trouver anormaux tous ces agissements sur une personne vulnérable.

Jugement le 22 novembre

Elle requiert deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme assorti d’un an de sursis avec mise à l’épreuve, l’obligation d’indemniser la victime et l’interdiction d’exercer auprès des personnes âgées pendant une période de cinq ans, et un mandat de dépôt immédiat.

Pour l’avocat de la prévenue, Me Perreau, « il faut des manœuvres pour caractériser l’abus de faiblesse et il n’y a aucun élément en ce sens. Elle a su se rendre indispensable parce qu’elle travaillait bien. Si la centenaire a décidé de tout bouffer avant de mourir, c’est son choix » . Il s’interroge : « Qui est en mesure de dire ce qui était nécessaire pour l’état de santé de la centenaire ? Elle est suspecte parce qu’elle est très bien payée mais n’a commis aucune manœuvre. »


Laeticia Faubert

Tout projet impressionnant commence par une étincelle et un esprit talentueux. Laetitia Faubert est la fondatrice du site MERCI MAMAN. À tout juste 38 ans, elle a eu une idée brillante en tant que femme et a lancé ce projet unique. Grâce à ses impressionnants talents dans le marketing numérique, elle continue d'être la force motrice au développement du site.